Jeux en filigranes (2024)

Album "Filigranes" - Label INITIALE (2025)

Commande du trio Arkayī et du CNSMDP

Instrumentation : violon, violoncelle et méta-piano 

(Méta-piano = dispositif hybride associant un dispositif électronique à la lutherie d'un piano traditionnel)

Création le 26 septembre 2025

au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNSMDP)

par le trio Arkayī :

Reika Sato, violon

Yi Zhou, violoncelle

Arhzel Rouxel, méta-piano

François Longo, réalisateur en informatique musicale

Durée : 13'30 ca.

Editeur : Lacroch'

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« Ces jeux étaient de petits drames, presque exclusivement monologues, et ils reflétaient la vie spirituelle de leur auteur, aussi éprouvée que lumineuse, comme un parfait portrait, peint par lui-même. Il y avait là, non seulement un concert dialectique et un conflit entre les différents thèmes et groupes de thèmes, sur lesquels reposait le Jeu et dont la succession et l’opposition étaient fort ingénieuses, mais la synthèse et l’harmonisation des voix contrastées n’étaient pas conduites à la manière courante et classique jusque’à leur terme final ; cette harmonisation subissait plutôt toute une série de fractures et s’arrêtait chaque fois, comme prise de fatigue ou de désespoir, avant de se résoudre ; elle se perdait dans l’interrogation et le doute. » (extrait du Jeu des Perles de Verres de Hermann Hesse dans la traduction française de J. Martin). Cette œuvre singulière, dont Thomas Mann appréciait la discrète ironie et le ton parodique, m’a toujours fasciné, tout comme son auteur qui l’écrit en pleine seconde guerre mondiale, alors exilé en suisse et interdit d’édition en Allemagne, son pays natal. Dans sa complexité, et en même temps sa synthétique vision d’une société utopique dont l’idéal serait ce fameux « Jeu », aboutissement de toute culture, cette œuvre serait pour moi le point de départ poétique d’une composition musicale faite à la fois d’un travail sur des matériaux fragiles, mouvants, et en même temps précisément organisés dans une forme articulée selon une « progression faite de fractures », forme qui pourrait offrir un pendant aux textures très finement ciselées de Osja - 7 Strophes for a Literary Drone de Marco Stroppa. Cette « mobilité » du matériau musicale sera mise en relief également par l’instrumentarium, puisqu’avec les violon et violoncelle dialoguera mon « Méta-piano », un instrument hybride (augmenté par des transducteurs diffusant des sons ou traitements électroniques directement via la table d’harmonie, avec second clavier numérique) permettant ainsi une mutation ou une déformation en temps réel des timbres et de l’espace acoustique traditionnel de la formation de chambre.